jeudi 19 novembre 2009

[Politique] Un écrivain, ça rend son prix Goncourt ou ça ferme sa gueule !

'Evolution inéluctable qui, parallèlement à ce grand courant partant du singe pour aboutir à l'homme, part de l'homme pour aboutir à l'imbécile.' (Boris Vian)


 



 


Les récentes épousailles UMP/Parti populaire chinois sont, à défaut d'être une union de raison, un vrai mariage d'amour !


S'il en est une qui n'est pas à la noce et doit avoir un peu la dragée en travers de la gorge, c'est bien l'écrivain Marie NDiaye, Prix Goncourt 2009, qui avait exprimé et justifié son départ de France, lors d'une interview accordée au journal les Inrocks, par le dégoût que lui inspirait une france sarkozyenne monstrueuse, faite de Besson(s) et autres Hortefeux.


Ce gouvernement ayant dû renoncer à ses velleités d'Hadopi-google-rank, envisagerait-il à présent de baillonner les écrivains et museler aussi la littérature?


On peut raisonnablement y songer si l'on en juge par la réaction et la teneur du courrier que le député-maire Eric Raoult  a (étrangement vu le Ministère en question) adressé à Frédéric Mitterand, Ministre de la culture, alors même qu'il évoque l'insulte dans une missive dont nous publions les extraits:


Les prises de position de Marie Ndiaye, Prix Goncourt 2009, (...) sont inacceptables. Ces propos d'une rare violence, sont peu respectueux voire insultants, à l'égard de ministres de la République et plus encore du Chef de l'État. Il me semble que le droit d'expression, ne peut pas devenir un droit à l'insulte ou au règlement de compte personnel. Une personnalité qui défend les couleurs littéraires de la France se doit de faire preuve d'un certain respect à l'égard de nos institutions, plus de respecter le rôle et le symbole qu'elle représente. C'est pourquoi, il me parait utile de rappeler à ces lauréats le nécessaire devoir de réserve, qui va dans le sens d'une plus grande exemplarité et responsabilité.


Eric Raoult, nostalgique de la peine capitale et partisan d'un journalisme sans journaliste, (en matière d'exemplarité, on a fait mieux) nourrirait-il secrètement un vieux rêve de retour à l'autodafé ?





La France, déjà déclassée classée à la 43ème position des libertés de la presse, et dont le Président a affiché à de nombreuses reprises son mépris de la littérature et des intellectuels, s'illustre chaque jour un peu plus tristement par sa détestation de la Parole Libre et par sa haine des insultes oppositions d'où qu'elles viennent.

Non, ça n'est pas de la censure à proprement parler. Le livre ne sera pas retiré des rayons, pire, il se vendra mieux. Maigre consolation au regard de la déliquescence de la démocratie dans notre pays, où les véritables personnages tenus au devoir de réserve, interviennent partout et tout le temps.


 


Frédéric Mitterand, Ministre émérite de la culture, qui avait courageusement  outrepassé son devoir de réserve dans l'affaire Polanski, restera-t-il sur sa réserve cette fois ou usera-t-il de cet art si subtil du double langage ?

Au moment de l'affaire Polanski, ce dernier avait clairement défini sa fonction en ces termes : 'C'est la place d'un Ministre de la culture de défendre les artistes en France. Un point, c'est tout '.


Curieusement, sa position dans l'affaire du prix Goncourt semble plus nuancée puisqu'il a déclaré au micro de France-Bleue Isère :


'Les écrivains qui reçoivent le Prix Goncourt ont le droit de dire ce qu'ils veulent...Eric Raoult qui est un ami et un homme très estimable a le droit, en tant citoyen, voire en tant que parlementaire, de dire ce qu'il pense...Je n'ai pas à arbitrer entre une personne privée qui dit ce qu'elle veut dire et un parlementaire qui dit ce qu'il a sur le coeur...Ce me regarde en tant que citoyen, ça ne me concerne pas en tant que ministre'.


Réaction timide de la part de cet homme de lettres, qui lors de son passage sur TF1 nous expliquait que 'l'artiste n'est pas quelqu'un comme les autres, qu'il/elle peut même être au-dessus.' (nous trouvons cette affirmation délirante)


Marie NDiaye est, quant à elle, de nouveau sortie de sa réserve...


le 12/11/2009



 


 


 


 



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